L’article d’aujourd’hui est un peut particulier, il s’agit d’un article publié sur framablog.org (ici) qui parle notamment de cet article (traduction française de l’article original “Le droit de lire”, sur le site gnu.org) qui traite du livre numérique (DRM, etc…) et de son pendant papier. Je vous laisse deviner de quel côté je me trouve. Je vous conseil de lire l’article “Le droit de lire” en complément, sachez juste qu’il a été rédigé en 1997 (soit bien avant l’avènement du livre électronique, quand on dit que Stallman est un visionnaire…).

Les e-books et leurs dangers

Article sous licence Creative Common Paternité 3.0 (Richard Stallman, 2011, traduction: kamui57, HgO, Cubox, ncroizat, Palu, adelos, Felor, Shoods, electronichien, Don Rico)

Alors que le commerce régit nos gouvernements et dicte nos lois, toute avancée technologique offre aux entreprises une occasion d’imposer au public de nouvelles restrictions. Des technologies qui devraient nous conférer davantage de liberté sont au contraire utilisées pour nous entraver.

Le livre imprimé :

  • On peut l’acheter en espèces, de façon anonyme.
  • Après l’achat, il vous appartient.
  • On ne vous oblige pas à signer une licence qui limite vos droits d’utilisation.
  • Son format est connu, aucune technologie privatrice n’est nécessaire pour le lire.
  • On a le droit de donner, prêter ou revendre ce livre.
  • Il est possible, concrètement, de le scanner et de le photocopier, pratiques parfois légales sous le régime du copyright.
  • Nul n’a le pouvoir de détruire votre exemplaire.

Comparez ces éléments avec les livres électroniques d’Amazon (plus ou moins la norme) :

  • Amazon exige de l’utilisateur qu’il s’identifie afin d’acquérir un e-book.
  • Dans certains pays, et c’est le cas aux USA, Amazon déclare que l’utilisateur ne peut être propriétaire de son exemplaire.
  • Amazon demande à l’utilisateur d’accepter une licence qui restreint l’utilisation du livre.
  • Le format est secret, et seuls des logiciels privateurs restreignant les libertés de l’utilisateur permettent de le lire.
  • Un succédané de « prêt » est autorisé pour certains titres, et ce pour une période limitée, mais à la condition de désigner nominalement un autre utilisateur du même système. Don et revente sont interdites.
  • Un système de verrou numérique (DRM) empêche de copier l’ouvrage. La copie est en outre prohibée par la licence, pratique plus restrictive que le régime du copyright.
  • Amazon a le pouvoir d’effacer le livre à distance en utilisant une porte dérobée (back-door). En 2009, Amazon a fait usage de cette porte dérobée pour effacer des milliers d’exemplaires du 1984 de George Orwell.

Un seul de ces abus fait des livres électroniques une régression par rapport aux livres imprimés. Nous devons rejeter les e-books qui portent atteinte à nos libertés.

les entreprises qui les commercialisent prétendent qu’il est nécessaire d’empiéter sur nos libertés afin de continuer à rémunérer les auteurs. Le système actuel du copyright rétribue généreusement ces entreprises, et chichement la grande majorité des auteurs. Nous pouvons soutenir plus efficacement les auteurs par des biais qui ne requièrent pas que l’on porte atteinte à notre liberté, et même légaliser le partage. Voici deux méthodes que j’ai déjà suggérées :

  • Concevoir des programmes permettant aux utilisateurs d’envoyer aux auteurs des paiements volontaires et anonymes.

Les livres électroniques n’attaquent pas systématiquement notre liberté (ceux du Projet Gutenberg la respectent), mais ce sera le cas si nous laissons toute latitude aux entreprises. Il est de notre devoir de les en empêcher.

Bonne lecture !

Triste mois pour le monde de l’informatique. En effet je pense que vous avez tous entendu parlé de la mort ultra-médiatisée de Steve Jobs, certains peut être ont entendu parlé de Dennis Ritchie, qui nous a quitté à l’âge de 70 ans. Pour vous mettre un peut de contexte, voilà une BD qui me plait…

Lorsqu’on parle du premier, la plupart des gens me sortent “c’était un génie, il a inventé tellement de choses, il a révolutionné l’informatique !”, ce à quoi je répond “oui, oui, mais…” et en général j’ai déjà perdu mon auditoire. Il faut bien faire attention et ne pas se tromper. Steve Jobs était un très bon commercial, un vendeur génial qui a su prendre les bonnes décisions au bon moment pour s’imposer dans sa branche. Techniquement parlant, il n’a jamais vraiment rien inventé. Il a certes remis une entreprise sur les rails mais si vous voulez savoir ce que j’en pense, la meilleurs chose est de lire cet article de framablog qui résume très bien la chose.

D’un autre côté Dennis Ritchie nous a concocté le langage C au début des années 1970, encore un des langages les plus utilisés, et est un des programmeur du système Unix qui sert de base ou a inspiré une bonne partie des systèmes d’exploitations d’aujourd’hui (GNU/Linux, les BSD, les Unix modernes et même MacOS X qui est basé sur BSD). Sans ce premier langage bas niveau portable (possibilité de compiler un programme pour un grand nombre d’architectures) et sans les concepts innovateurs d’Unix, le paysage de l’informatique serait sans doute bien différent.

Pour résumer j’ai plus d’estime pour un grand chercheur en informatique que pour un vendeur et beau parleur.

 

#include <stdio.h>
main(void)
{
printf(“Merci pour tout Dennis Ritchie !!!”);
return 0;
}

Je commence ici une nouvelle rubrique ou catégorie, un présentation d’un logiciel que j’apprécie beaucoup.

Aujourd’hui: LaTeX.
Je vous rassure tout de suite il ne s’agit pas de logiciel de conception de combinaisons sado-maso, loin de là.

LaTeX - logo

 

 

 

 

Pour ceux qui ne connaissent pas il s’agit d’une suite de logiciel ainsi que d’un langage de composition typographique. En d’autres termes vous y ferrai la même chose que sur la suite OpenOffice.org/LibreOffice ou la suite Office. Mais à une différence près: ce n’est pas un logiciel WYSWYG (What you see is what you get). On peut l’apparenter à l’html. Vous écrivez un texte comprenant des balises qui seront analysées pour faire ensuite un mise en page. Avec LaTeX c’est la même chose.

Pour bien comprendre les avantages de cette solution voyons ce que vous faites lorsque vous éditez un grand texte, un rapport par exemple.
En général il y a deux manières:

  • Vous écrivez le texte puis passez à la mise en page
  • Vous alternez écriture / mise en page

Dans tous les cas ceci est une perte de temps par rapport à LaTeX. Ce dernier vous propose en effet de faire la mise en page, génération d’une table des matières, marges, césures, etc pour vous. Vous ne vous occupez que du contenu de votre document, je veux une table de matières, je veux un nouveau chapitre, une nouvelle section, etc. LaTeX fait le reste pour vous et se donne même le luxe de le faire selon les règles typographiques que vous ne connaissez le plus souvent pas. C’est aussi le must pour les mathématiciens et autres physiciens car il vous permet d’écrire des équations parfaitement juste avec quelques caractères et fonctions, l’éditeur d’équations de Word fait office de jouet à côté.

Ce langage a aussi d’autres possibilités, par exemple je fait mes présentation (PowerPoint, mais c’est un abus de langage que je cherche à combattre) avec LaTeX et sa classe “beamer”. LaTeX vous sort un beau pdf et vous n’avez même pas besoin de vous préoccuper du nombre de pages ou du fait que cette élément de la liste dois disparaitre sur 2 diapositives puis apparaitre sur la suivante car encore une fois, grâce à son langage simple, LaTeX fait tout pour vous !

Essayez le vous n’avez rien à perdre.

Liens utiles:


Open source / libre kesako

3 septembre 2011

On me dit souvent “le logiciel libre c’est super” ou “j’adore la philosophie de l’open source”. Malheureusement peut de gens connaissent la signification et l’historique des mouvements open source et libre.

Histoire:

Au commencement était le hacker. Le vrais, pas celui que vous connaissez aujourd’hui. La signification de hacker était simplement un informaticien, programmeur, passionné par sont domaine et aussi bidouilleur. Le genre de personne qui a créé Unix, Internet et la majorités des technologies que nous connaissons à ce jour. Rien à voir en effet avec un cracker. Ce dernier avait comme but d’entrer dans des systèmes, pénétrer des serveurs et voler des données. Bien qu’une grande partie ce ces premiers crackers ne le faisaient que pour le fun et non pour l’argent comme maintenant. Puis la presse et les médias ce sont emparer de mots tels que “hacker” ou “pirate” (expliquez moi en quoi un informaticien peut écumer les mers à la recherche d’un galion plein d’or ?) pour les utiliser à leur propre sauce. Voilà pourquoi je vous prie d’utiliser le terme hacker correctement, vous apprendrez ainsi le début du bon usage des mots.
Les hackers s’échangeaient leurs logiciels, codes sources et connaissances car ils avaient compris avant les autres qu’un société du savoir ne peut ce baser que sur le partage et l’amélioration commune. On va beaucoup plus loin si on ne doit pas réinventer la roue à chaque fois.

Ensuite vinrent les corporations, entreprises gargantuesques avec comme but d’utiliser ce savoir à des fin pécuniaires. Jusque la rien de bien méchant. Mais lorsque l’on expliqua aux hackers qu’ils devaient arrêter de collaborer et de s’entraider, ils prirent conscience du trésor qu’ils tenaient entre leurs mains. Trésor de connaissances et surement la promesse d’une informatique ouverte, sociale et surtout performante. Quelques personnes allèrent jusqu’à vouloir défendre ces libertés plutôt que de céder aux sirènes de l’argent. Un en particulier, Richard Stallman alors développeur au laboratoire d’intelligence artificiel du MIT (cf biographie libre de Stallman), qui formalisa cette état de fait par le logiciel libre en fondant la FSF, Free Software Foundation. Beaucoup de développeurs et hackers de l’époque se joignirent à Stallman voyant dans son formalisme un moyen de faire perdurer cette communauté scientifique, social, philosophique et politique (si si, il y a un message politique en tout). Stallman est d’ailleurs aujourd’hui considéré (par Lawrence Lessig par exemple) comme le grand philosophe du 21ème siècle.

Puis une mésentente éclata. Un certain nombre de programmeurs trouvaient que le mot libre (free en anglais qui signifie aussi bien libre que gratuit, c’est pourquoi on dit que le logiciel libre est “free as in free speech, not as in free beer”) n’était pas assez vendeur. Il est vrai qu’à l’époque (1998) aller vers un commercial en disant “j’ai un super produit, il est gratuit en plus vous aller faire plein d’argent avec” ne passait pas vraiment. De plus un certain nombre de ces personnes pensaient que l’aspect philosophique, éthique et social n’avait rien à faire en informatique. Ce qui arrangeait plusieurs compagnies qui ne voulaient pas paraitre irrespectueuses de leurs clients au grand jour. Ainsi fût fondé l’Open source.
La distinction importante est que l’open source ne se soucie que d’un aspect technique, expliquant que développer ainsi des logiciels est plus sûr, efficace et économique, ce que je no condamne pas bien au contraire, mais on peut aussi remarquer qu’il s’agit en quelque sorte d’un sous ensemble technique du logiciel libre. Du moins c’est ainsi que je le conçois.

 

Alors, libre ou open source ?

J’ai personnellement un penchant pour le libre qui c’est d’ailleurs propagé à d’autres domaines comme par exemple la culture libre, la neutralité du net (libertés sur internet), et plein d’autre projets ayant ou pas un rapport avec l’informatique. Je trouve donc la richesse de la philosophie libre plus intéressante d’autant plus que Stallman a créé un vrai philosophie qui n’est pas cantonnée à l’informatique mais peut être appliquée à presque tout.

Une sorte d’aude à la liberté, une pensée rassurante de nos jours ou la liberté est compromise un peut partout pour presque tous.

Pour ceux qui ne le connaissent pas bien, linux est un noyau (kernel) de type monolithique modulaire (cf wikipedia) libre apparu il y a de cela 20 ans. Ce logiciel a été écrit par Linus Torvalds, alors étudiant Finlandais en informatique. Le message annonçant la première version est resté célèbre:

 Hello everybody out there using minix -

I’m doing a (free) operating system (just a hobby, won’t be big and
professional like gnu) for 386(486) AT clones.  This has been brewing
since april, and is starting to get ready.  I’d like any feedback on
things people like/dislike in minix, as my OS resembles it somewhat
(same physical layout of the file-system (due to practical reasons)
among other things).

I’ve currently ported bash(1.08) and gcc(1.40), and things seem to work.
This implies that I’ll get something practical within a few months, and
I’d like to know what features most people would want.  Any suggestions
are welcome, but I won’t promise I’ll implement them :-)

Depuis ce petit logiciel de hobbyiste est devenu en 20 ans le kernel le plus utilisé sur les serveurs web, les super calculateurs ainsi qu’en embarqué (télévision, routeur, etc…).
Comme un kernel seul ne fait pas grand chose (rien en fait, juste attendre que des programmes lui demandent des ressources système) on doit donc lui adjoindre pleins d’utilitaires. Ce fut l’écosystème GNU, acronyme récursif signifiant GNU’s Not Unix car c’est un unix like comme on dit, (cf gnu.org), alors à la recherche d’un kernel qui fut adopté. D’où le nom GNU/Linux que j’utiliserai tout au long de ce blog.

Une particularité de ce logiciel est d’être libre, sous licence GNU/GPL (Gnu Public License, oui on aime bien les acronymes en informatique…). Je reviendrai sur la philosophie libre sous-jacente dans un prochain article. En gros cette licence donne le droit d’utiliser le programme, de l’étudier (son code source), de le modifier et de publier ses modifications. Ce sont les 4 libretés du logiciel libre qui par ailleurs est souvent gratuit.

Tout ceci pour vous faire une introduction, à l’occasion de cet anniversaire, au monde du logiciel libre et de son système d’exploitation phare.

À bientôt !

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